Penses aux autres

Et quand tu prépares ton petit déjeuner, penses aux autres
et n'oublies pas les grains pour les pigeons

Et quand tu fais la guerre, penses aux autres
et n'oublies pas ceux qui souhaitent la paix

Et quand tu paies ta facture d'eau, penses aux autres
Ceux qui tètent les nuages

Et quand tu reviens à la maison, chez toi, penses aux autres
n'oublies pas le peuple qui vit sous les tentes

Et quand tu dors et tu comptes les planètes, penses aux autres
Ceux qui n'ont pas trouvé un lieu pour le sommeil

Et quand tu te libères .... , penses aux autres
Ceux qui ont perdu leur droit à la parole

Et en pensant aux autres, lointains, penses à toi même
et dis "et si j'étais une bougie dans le noir "

# Posté le dimanche 18 février 2007 20:24

Nicolas Guillen

Nicolas Guillen
Che Commandant,

Ce n'est pas parce que tu es tombé
que ta lumière est moins haute.
Un cheval de feu
soutient ta statue de guérillero
dans le vent et les nuages de la Sierra.
Ce n'est pas parce que tu ne parles plus que tu es silence.
Et ce n'est pas parce qu'ils te brûleront,
qu'ils te cacheront sous terre,
qu'ils te déroberont à nos yeux
dans des cimetières, des bois, des déserts,
qu'ils vont nous empêcher de te trouver,
Che Commandant,
Ami.

De toutes ses dents
L'Amérique du Nord rit. Mais, soudain,
elle se retourne sur son lit
de dollars. Le rire se fige
en un masque
et ton grand corps de métal
monte, se dissémine,
comme des taons dans les guérillas
et ton large nom blessé par des soldats
illumine la nuit américaine
d'une étoile subite, tombée,
au milieu d'une orgie.
Tu le savais, Guevara,
mais tu ne l'as pas dit par modestie,
pour ne pas parler de toi-même,
Che Commandant,
Ami.

Tu es partout. Dans l'indien
fait de rêves et de cuivre. Et dans le Noir
mêlé à une multitude écumante
et dans l'être du pétrole et du salpêtre,
et dans le terrible abandon
de la banane, et dans la grande pampa des peaux,
et dans le sucre, et dans le sel et dans les caféières,
toi, statue mobile de ton sang, tel qu'ils t'ont abattu,
Vivant, comme ils ne te voulaient pas.
Che Commandant,
Ami.

Cuba te sait par coeur. Visage,
de barbes clairsemée. Et ivoire
et olive sur la peau de saint jeune.
Ferme, la voix qui ordonne sans commander,
qui commande, compagne, ordonne amie,
douce et dure de chef camarade.
Nous te voyons chaque jour ministre,
chaque jour soldat, chaque jour
personne simple et difficile
chaque jour.
Et pur comme un enfant
ou comme un homme pur.
Che Commandant,
Ami.

Tu passes dans ta tenue de campagne décolorée, déchirée, toute trouée.
Celui de la forêt, comme avant
celui de la Sierra. A moitié nu
la poitrine puissante de fusil et parole,
d'ouragan ardent et de lente rose.
Il n'est pas de repos.
Salut, Guevara!
Ou mieux encore, depuis le fond de l'Amérique:
Attends-nous. Nous partirons avec toi. Nous voulons
mourir pour vivre comme tu es mort,
Pour vivre comme tu vis,
Che Commandant,
Ami.

# Posté le samedi 07 octobre 2006 00:03

tous des moutons: comment reconnaître le mouton?

tous des moutons: comment reconnaître le mouton?
Aujourd'hui, le mouton est partout, même là où l'on ne l'attend pas, et une question se pose: comment reconnaître le mouton? Ou plutôt: quel mouton sommes nous?

Le mouton suit le troupeau, car des modes ont été crées pour qu'il n'en sorte pas sous peine d'être exclu par les autres. Ainsi, il ne fait pas de politique car c'est ringard, ne se pose plus de questions ( ne réfléchit même plus parfois), il achéte de la marque et ne dis jamais ce qu'il pense réellement (c'est tellement peu intéressant après on risquerait de le trouver chiant) mais ce qu'il peut dire, car l'on a crée le politiquement correct qui a fabriqué une société de faux-cul.

Le mouton, est persuadé que le monde dans lequel il vit et juste, heureusement d'ailleurs car le mouton n'a pas envie de faire la révolution ( il est bien trop egoïste pour ça).
Ou s'il sait que le monde est injuste,et alors?Il ne faudrait tout de même pas gacher son petit confort pour que les autres puissent avoir au moins le minimum.
Bien sur Pour qu'il ne se révolte pas, l'on lui montre en permanence la misére des autres, pour qu'il puisse se dire qu'il a de la chance de vivre dans un pays démocratique, d'avoir un travail, de ne pas avoir de problémes de santé...Le mouton, n'a qu'un rêve devenir berger un jour, comme ça il pourra lui aussi commander les autres ( depuis le plus jeune âge il ne pense qu'à ça). Pour qu'il croît que ce n'est pas qu'un rêve, il monte dans la hiérarchie sociale, l'on lui augmente son salaire (d'1 %), il a des avantages, l'on lui parle de rêve américain .

Bref, le mouton c'est vous, c'est moi, en fait l'on nait tous moutons, après à nous de sortir du troupeau...

# Posté le jeudi 21 septembre 2006 17:05

Fellag

Fellag
Fellag : en arabe, bûcheron, coupeur de route. Au figuré : bandit de grand chemin

Mohamed Saïd Fellag est né en 1950 dans le Djurdjura en Kabylie. Son père : une sorte de Raimu. Un homme lisse, sans tabou, qui a combattu dans les rangs de l'armée française pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il lui apprend l'impertinence. Sa mère : un éclat de rire. Elle rit trois ou quatre heures dans la journée.
Le 1er novembre 1954, Fellag a quatre ans lorsque commence la guerre de libération. A huit ans et demi, Fellag gagne Alger avec un de ses frères. Il a neuf ans lorsqu'il rentre à l'école primaire, à Cheraga. Il y apprend le français, et dans la rue l'arabe dialectal.

En 1968, il entre à l'école de théâtre d'Alger. Il lit Aristophane, Eschyle, Plaute, Euripide. "C'est rude ! dit-il. Avec des sentiments ! Et ça y va !" Il découvre le théâtre de l'absurde, Jarry, Becket, Ionesco...

De 1973 à 1977, il est engagé comme comédien dans différents théâtres en Algérie puis en France, au Canada et aux États-Unis.
En 1987, il crée son premier one man show Les Aventures de Tchop, puis en 1989, Cocktail Khorotov. En 1990, en réponse à la montée du mouvement islamique, il crée SOS Labès.

Le 12 juin, le FIS l'emporte haut la main aux élections municipales. L'activisme islamiste gagne tout le pays. 1991, Fellag crée Un Bateau pour l'Australie-Babor Australia (inspiré d'une rumeur selon laquelle un bateau en provenance d'Australie allait y emmener tous les chômeurs algériens, pour leur donner un emploi, un logementet un kangourou ! La rumeur prit une telle ampleur que des gens se présentèrent devant l'ambassade d'Australie pour demander un visa. Cette crédulité révèle la profondeur du désarroi). Le spectacle est joué plus de trois cent fois en Algérie.

En décembre, les élections législatives sont annulées après le premier tour emporté par le raz-de-marée islamiste. Les militaires constituent un comité de salut public pour justifier le coup de force. Le 29 juin 1992, le président Boudiaf est assassiné sur la scène de la maison de la culture d'Annaba. Fellag était programmé pour jouer Un bateau pour l'Australie sur la même scène, quatre jours après. Alors commence une ère de violence, avec une série d'assassinats parmi lesquels des artistes et des intellectuels.

En septembre 1993, Fellag est nommé directeur du théâtre de Bougie (théâtre d'Etat).

Début 1994, la violence atteint son paroxysme. Fellag entreprend la tournée d'Un bateau pour l'Australie, en Algérie et en Tunisie, puis à la fin de l'année il s'établit à Tunis et crée Délirium. En 1995, Fellag s'exile en France où il écrit Djurdjurassique bled, pièce comique analysant avec une verve étonnante la scène sociale algérienne, qui fait un triomphe à sa création au TILF, puis en tournée. Il tourne également dans Le Gone du Chaâba de Christophe Ruggia. En 1999, il réécrit Un Bateau pour l'Australie et entame une tournée dans toute la France. En février 2001, il publie son premier roman Rue des Petites Daurades suivi de C'est à Alger (2002).

# Posté le vendredi 07 juillet 2006 10:18

Modifié le vendredi 22 juin 2007 15:21

La Russie

Loin là-bas sur la Volga, Lénine a le regard bien bas. Depuis que le temps s'est arrêté, Dépouillé de toutes idées.

Buildings aux fenêtres cassées, Liés par des câbles dénudés, Posés sur des friches abandonnées, Criblés de déchets oubliés.

Rampant de tuyauteries, bouche bée, Devant la rouille qui les assaille, L'industrie rafistolée, enfumée, D'une folle grisaille.

Des chemins creusés de vieillesse, Menaçant des transports incertains, Naviguant dans un flot de détresse, Pourchassant la fin.

Des gens qui travaillent pour rien, Souvent deux travails pour deux fois rien. Mais moins que rien faut faire avec ! Le rouble ne vaut plus un kopeck.

Devant l'erreur d'un idéal Qu'a mal tourné on est très mal. C'est le déclin d'une société Qui est en train de se faire bouffer On est en train d'y installer nos idées, notre société Qui a fait autant de morts que la leur Qui a fait au moins autant d'erreurs On fait chuter l'économie Puis on envoie le FMI Nouvelle devise privatisée Baisse des salaires et importé Aider la mafia a dominer Du chômage des prostituées Le goût du luxe et du parjure Faire de la vie une dictature

Mais heureusement là-bas y a des gens Qui rêvent à autre chose qu'à l'argent Dans tous les pays du monde Où le commerce devient immonde Faut recréer de nouvelles idées, Faut voyager faut échanger On a les yeux qui ont voyagé Ca rallume la réalité L'échange à l'autre bout du monde, Ca permet de ne pas penser Qu'à la couleur de sa prison Ca rallume la réalité On a les yeux qui ont voyagé Ca rallume la réalité .

# Posté le samedi 25 mars 2006 07:29

Modifié le samedi 25 mars 2006 13:45